The Hate U Give






À roman annoncé comme exceptionnel, chronique exceptionnelle. 
Ce n'est pas 1 chroniqueuse mais 4 qui donnent leur ressenti sur The Hate You Give !

Résumé : 
Starr, une jeune noire américaine vit à Garden Heigts, un quartier difficile, et étudie dans le lycée 
privé bourgeois de Williamson, elle s'est habituée à cloisonner sa vie en deux parties, son langage 
aussi. Mais ce soir à la soirée de Big D, dans le quartier, elle revoit son ami d'enfance Khalil.
Ils échangent comme au bon vieux temp.
Quand une fusillade éclate, ils décident de partir avec la voiture de Khalil.
C'est alors qu'ils sont arrêtés par la police à cause d'un feu cassé et leurs vies basculent. 
Malgré leur calme et leur obéissance, le policier ouvre le feu et tue Khalil de 3 balles dans le dos. 
Starr est en panique et craint pour sa vie car elle est le seul témoin, c'est sa parole contre celle de 115 
le policier blanc et elle sait déjà qui on va croire.

Nos avis :
Un roman bouleversant, qui nous garde en tension toute au long des 488 pages entre la découverte 
de la vie en banlieue, la peur des gangs, les dealers, mais aussi la solidarité, la générosité, l'amitié. 
On comprend tous les rouages qui engendrent les à priori et le racisme, les comportements étriqués 
aussi, de part et d'autre.
C'est une belle leçon de vie, d'une famille ni parfaite ou idéalisée ni caricaturale, qui vit un drame 
terrible qui va changer leur vie totalement.
Si beaucoup de gens lisent ce livre, et voient le film qui se prépare, on peut avoir un petit espoir de 
changer certaines visions car rien n'est jamais tout à fait noir ou blanc dans ce texte, tout le monde
a sa part d'ombre et sa lumière, tout est exposé, à nous de faire le tri dans notre cœur.
Une lecture prenante qui fait réfléchir.

L'histoire est effectivement bouleversante, une plongée dans une vie d'ado noire aux Etats-Unis sans 
concession.
Mais ce sont les choix narratifs qui sont vraiment explosifs, je trouve, dans la littérature jeunesse 
actuelle. Pour ma part, la langue m’a paru super intéressante. On a du brut de chez brut, ça pétarade,
ça explose en bouche, ça décoiffe grave. On est face à un roman qui, littéraire, pourrait être un chef 
d’œuvre, mais qui dans la plume de l’auteur tient davantage du témoignage, de la confidence franche.
Du vécu raconté avec un naturel confondant. Une candeur dominée par du brutal. Car elle ouvre 
grand les portes d’un territoire inconnu pour la plupart d’entre nous. Son existence au cœur d'un 
mélange d'amour et de haine, de bienveillance et de violence. Ce mix de pensées philosophiques sur 
la vie et de réponses abruptes et sans fard à des événements terrifiants. Il n’y a pas de distanciation,
on est dans le ressenti direct. Je trouve ça terriblement novateur. On adhère ou pas à l’écriture, mais
elle a quelque chose d’envoûtant comme du slam qui se glisserait dans nos écouteurs et on est au 
plus près du ressenti de cette héroïne qui ne ment pas, joue cartes sur table, n’édulcore rien, dit vrai.


THUG, Ce n’est pas du rap, ce n’est pas du slam, ce n’est pas de la littérature. Ce sont des mots, un 
rythme, une langue qui claque, rebondit. Tout est cadencé, même les moments de répit. Au salon du
livre de Paris, j’ai vu Aloïse Sauvage (comédienne, 120 battements par minute) lire des extraits. 
On  avait parfois l’impression qu’elle ne respirait pas pendant la lecture alors qu’on entendait des 
phrases haletées. On ne savait plus si on était dans une fiction, un témoignage, un reportage. 
C’est ça, THUG, un roman qui va au-delà des codes de la modernité ou du classicisme. 
Intemporel.


Lire THUG, c’est une expérience nouvelle. Ma collègue l’a lu en une nuit, incapable de s’arrêter de 
tourner les pages, quant à moi, je le lis au compte goutte, parce qu’il remue une boue profondément 
enfouie en moi, que j’ai besoin de laisser décanter avant d’avancer. C’est un roman dont on a envie, 
besoin de parler. Quand je parle d’expérience, je pense que l’écriture, ou plutôt le positionnement de
l’auteur fait en sorte que nous ressentons vraiment ce qui se passe. J’ai eu l’impression d’être une 
ado noire aux Etats-Unis, pas seulement de partager sa vie au fil d’un roman. Ce n’est ni vraiment
un roman, ni vraiment un témoignage, mais comme une injection directe (et oui, brutale) de sa vie 
dans nos veines. J’ai pensé, ce qui révolutionne ce que j’ai appris à penser par ailleurs, que oui, être 
noire ce n’est pas la même chose qu’être blanche. Que la vie peut être injuste, complexe, nuancée.
C’est par la force de ce texte, par la manière dont il est écrit, que son propos fera mouche. 
Qu’il change quelque chose de ce que nous sommes.

A partir de 15 ans, The Hate U Give, de Angie Thomas, aux éditions Nathan, 490 pages, 17,95 euros.

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